Confinés, affamés

J’espère que vous avez remarqué le petit jeu de mots avec le titre. Avant d’être « Libérés, délivrés » de ce confinement, qui va surement durer encore quelques semaines supplémentaires, je souhaite apporter mes conseils diététiques face à cet enfermement.

Ces derniers jours, de nombreux post apparaissent sur les réseaux sociaux pour parler de la prise de poids et plus globalement l’alimentation durant ce confinement. Plusieurs interrogations en ressortent. Est-ce normal ? Comment peut-on faire pour ne pas « craquer » ? Est-ce le meilleur moment pour entamer un régime « body bikini » ?

Je vais vous répondre.

Est-ce normal ?

Rassurez-vous, beaucoup d’individus français comme étrangers vivent la même chose que vous pendant ce confinement. Vous n’êtes pas seul.

Déjà, pour ceux qui sont à la maison, la proximité avec la cuisine apporte une certaine tentation quotidienne. Vous avez fait les courses la veille, vous savez que vous avez du fromage, du pain, des biscuits, pleins de bonnes choses qui font plaisir.

Ensuite, vous avez plus de temps. Notamment, pour cuisiner. Les plages horaires habituellement destinées aux transports en commun sont désormais détournées en ateliers pâtisserie avec ou sans les enfants, en préparation culinaire suivies en live sur les réseaux sociaux.

Enfin, nos émotions sont perturbées. Chez certains l’ennui prend le dessus, chez d’autres c’est la pression de devoir travailler et garder les enfants en même temps. Ce dernier point sera un plus détaillé dans la paragraphe suivant.

Comment ne pas « craquer » ?

Avant tout, vous devez vous poser une question au moment où vous commencez à ouvrir les placards ou le frigo à la recherche d’un petit quelque chose à vous mettre sous la dent.
Pourquoi ?

Pourquoi j’ouvre le frigo ? Quelle est la nature de ma faim ?

Je vous décris les raisons principales des prises alimentaires.

  • Par ennui
    Typiquement le cas du grignotage devant la télévision. Dans ce cas là, je vous conseille de trouver une activité qui vous occupera l’esprit (coloriage, ménage, activité sportive, jardinage si vous avez la chance d’avoir un jardin). Le but étant de détourner l’attention de votre cerveau sur autre chose que votre estomac.
  • Par fatigue
    Souvent, en fin de journée la fatigue nous pousse à grignoter. Perçu comme un moment de détente et de relâchement cette pause goûter est propice aux grignotages sans fin (et sans faim).
    Là encore, interrogez-vous. Avez-vous réellement le besoin organique de manger ? Si la réponse est non, je vous conseille de trouver une autre façon de vous détendre : douche, activité sportive, lecture, …
  • Par habitude
    Durant cette période particulière, il est important de garder un rythme « habituel ». Un rythme de lever, un rythme de travail, un rythme de coucher mais aussi un rythme de repas. Cependant, s’il est essentiel de garder un rythme je vous encourage à l’adapter. Je m’explique. Pour beaucoup d’entre nous, les déplacements, les activités sportives sont supprimés et donc la dépense énergétique plus ou moins diminuée, selon nos habitudes antérieures. Les horaires de prises de repas peuvent alors être différées. Le matin, vous pouvez prendre le temps d’avoir faim pour prendre votre petit déjeuner, et non plus l’avaler en vitesse avant de déposer vos enfants à l’école ou de courir prendre votre métro. Il en va de même pour le déjeuner, prenez votre pause quand vous en avez besoin et non plus à l’heure imposée par votre entreprise, dans la mesure où vous n’avez pas d’obligations professionnelles liées au télétravail.
  • Par faim réelle
    Peu évidente à identifier cette faim est propre à chacun. Elle peut être décrite de plusieurs façons selon les individus. Certains décrirons un ventre qui gargouille, une baisse de vigilance, une légère fatigue, parfois une certaine irritabilité. C’est cette faim qui doit motiver la prise alimentaire. Qu’il soit 6h, 10h, 13h, 17h ou 22h, si vous avez faim, vous devez manger. On reviendra dans un prochain article sur les choix alimentaires judicieux.
    Vous aurez compris où je veux en venir. Mangez parce que vous avez faim et non plus parce que c’est l’heure.

Pour connaitre dans quelle catégorie de prise alimentaire vous vous situez, il va falloir apprendre à vous écouter.
A Ressentir. Ressentir vos sensations, vos émotions.
C’est un processus qui peut prendre du temps. Dans un premier temps, prenez le réflexe de vous demandez « pourquoi ? ». Après avoir analysé votre faim, il faudra vous faire confiance. S’il est 15h et que vous avez faim, prenez une collation même si le repas était il y a seulement 2 à 3h.

Peut-être  celui-ci n’a-t-il pas été assez consistant ?
Peut-être que vous vous ennuyez ?
Peut-être que vous êtes triste, heureux, contrarié ?

Peu importe la raison, la prise alimentaire doit se faire en pleine conscience sans culpabilité. Vous avez mangé par ennui alors que vous n’auriez pas dû parce que vous n’aviez pas faim. Certes, c’est un fait qu’il faut comprendre et accepter. La culpabilité va vous amener sur un cercle de restriction et de frustration, ce qui nous mène au 3ème point sur les régimes « body bikini ».

Est-ce le meilleur moment de faire un régime « body bikini » ?

Je pense que si vous en êtes arrivé jusqu’ici vous devez avoir une idée de ma position sur le sujet. Non, ce n’est pas le moment d’entamer un régime « Summer body » ou encore « body bikini » comme on voit fleurir sur les réseaux sociaux en ce moment, et comme tous les ans à l’approche de l’été.

D’ailleurs, ce n’est jamais le moment pour ce genre de chose. Pour beaucoup, le poids n’est pas qu’histoire de kilos en trop mais s’exprime également par un poids psychologique, obstacle pour eux au bonheur. Les régimes restrictifs pourront éventuellement vous faire perdre du kilos sur la balance mais ne vous allègeront pas de ce poids psychologique.

Trop restrictif, trop frustrant, trop « lourd » à mettre en oeuvre, ils vous mettront très souvent en échec. C’est ce poids psychologique de l’échec qui pèse le plus dans l’estime de soi.

Par contre, c’est le bon moment pour prendre du temps pour vous et apprendre à vous écouter voire même à vous aimer. Ecoutez votre corps, analysez vos émotions, acceptez-les. Ayez une approche bienveillante envers vous-même. Vous n’êtes pas infaillible, indestructible. Personne ne l’est, pas même les « fit girl » des réseaux.

Vivez, mangez, profitez pour vous et uniquement pour vous. Je vous ai donné dans cet article quelques pistes de travail, je ne peux malheureusement pas rentrer dans les détails ici.

Cependant, je peux vous certifier qu’adopter une alimentation plus saine, non pas dans le choix des aliments (même si cela compte) mais plutôt dans la relation que vous avec eux, vous libérera d’au moins un poids.

Le poids psychologique, le plus important de tous.

Be positive, be happy. #bodypositive

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